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lundi 1 mai 2017

Le coaching managérial dans "Le coach", un film de Olivier Doran (2008)

"Le coach", film de 2008 de Olivier Doran respecte les codes de la comédie à la française qui n'a pas vraiment évolué depuis "La grande vadrouille" : deux individus qui n'auraient jamais dû se rencontrer, aux profils diamétralement opposés, finissent par trouver un intérêt commun et collaborent pour se sortir d'une situation qui s'annonçait pour chacun d'eux, très compliquée. Le premier des deux en l'occurrence, c'est un coach professionnel, addict au jeu, qui fuit un créancier à qui il doit une forte somme d'argent. Le second, cadre dans une entreprise, doit son poste et ses responsabilités à un quiproquo : il a été embauché parce qu'il porte le même nom que le neveu du Président du groupe, ce qu'il n'a jamais démenti afin de profiter de la situation.
Face à l'enjeu que représente la signature d'un important contrat avec un client chinois, Monsieur Hu, et en raison des insuffisances de Patrick Marmignon, la direction d'ILB sollicite Maxime Chêne pour coacher ce manager qui présente une trop grande empathie avec son équipe et un manque criant d'autorité.
Au cours des péripéties accompagnant l'hypothétique signature du contrat au cours de revirements qui ne sont pas sans rappeler les sautes d'humeur de Monsieur De Mesmaeker dans Gaston Lagaffe, la bande dessinée de Franquin, le consultant distillera au cadre supérieur de précieux conseils basés entre autres sur la P.N.L. (Programmation Neuro Linguistique) pour l'aider à s'affirmer. Le résultat sera probant, le client acceptera finalement de confier le projet à I.L.B., soit la réalisation en France d'un bâtiment commercial de grande ampleur.
Si, dans cette comédie, les techniques utilisées par le coach restent plausibles, la crédibilité du contexte professionnel est dû, avant tout aux talents des 2 principaux comédiens, Jean-Paul Rouve en "coaché" et Richard Berry, qui évitent de faire tomber le film dans la caricature bien que parfois, le côté comique ne parvienne pas à gommer totalement l'invraisemblance de certaines situations. Le dénouement final, par exemple, manque totalement de réalisme, ce qui n'est pas il est vrai la principale caractéristique dans ce genre cinématographique.
Quelques fonctions auraient mérité un peu plus de profondeur, telle celle du collègue jaloux et envieux qui met des bâtons dans les roues des héros de cette fiction, et c'est surtout celle de la D.R.H. qui est ici réduite au rôle de faire valoir au service de l'intrigue, et dont la principale qualité réside dans un physique avantageux. Si sur le plan de l'entreprise, les apports sont limités, "Le coach" reste un film divertissant.
La bande annonce du film :



lundi 31 octobre 2016

Ma vie de stagiaire en Bandes Dessinées : "Moi, 20 ans, diplômée, motivée... exploitée !" de Yatuu


Ce n'est pas tout à fait une fiction puisque Yatuu alias Cyndi Barbero  raconte dans cet album, son expérience de stagiaire dans une agence de publicité à l'âge de 20 ans, en 2009.

Elle a commencé par raconter sa douloureuse expérience dans un blog, sous forme de saynètes dessinées, avec une bonne dose d'humour et un tel talent que Glénat, l'excellent éditeur dédié aux bulles et autres phylactères, a décidé de publier son aventure : "Moi, 20 ans, diplômée, motivée... exploitée !".


dimanche 25 mai 2014

Les "grands" philosophes dans une "boîte de com", Platon la gaffe, une BD de Jul et Pépin,

L'idée est intéressante et propice à la "rigolade", imaginer les philosophes les plus réputés à différentes postes d'une agence de communication, la Cogitop. C'est le pari audacieux de Jul (dessin) et Charles Pépin  (scénario) qui ont créé cette BD, "Platon la gaffe, Survivre au travail" dans laquelle Kévin Platon, un élève de 3ème en stage de découverte, côtoie Montaigne, en période "d'Essais", Karl Marx, délégué syndical, bien évidemment, Foucault le responsable de la vidéosurveillance, Thérèse d'Avila la secrétaire de direction ou encore Nietzsche un Directeur des Ressources Humaines ... un peu trop humaines.
Le collégien pourra aura l'occasion de "s'interroger sur les limites de l'open Space" ou sur "l'identité d'un PDG, Jean-Philippe ... Dieu, que personne ne voit", émaillant ce parcours initiatique, qui en fait, comme l'écrit le magazine Management (N° 215 - Janvier 2014), un "mélange de blagues potaches et de culture classique à prendre au 1er comme au 8ème degré", propre à "s'initier à la philo" ou "pour rire du quotidien au bureau".

Platon la gaffe, Survivre au travail avec les philosophesJul et Charles Pépin - Dargaud - 19,99 €.



lundi 26 septembre 2011

Stress au bureau dans la bande dessinée : "Les Winners"

Avec « Les Winners », la BD explore à nouveau le champ du monde du travail, sa lutte sans rémission pour la survie, et ses accès de violence dus à un stress quasi permanent. Si les personnages sont un peu caricaturaux et les situations plutôt convenues, il n’en reste pas moins que l’analyse des comportements se base sur des attitudes visibles en entreprise. Le plus bel exemple en est la planche page 12 qui nous montre un coach bourré de certitudes en pleine action, mais finalement en plein doute une fois  allongé sur le divan de son psy. Ce qui me rappelle un sondage vu il y a quelques années (Courrier Cadres N° 28 Mars 2009) qui nous enseignait que « un salarié sur deux déclare jouer un rôle au travail », et « avoir un comportement différent dans la vie privée de celui adopté en contexte professionnel ». Une duplicité qui peut être une des causes du mal être au travail.



Les Winners – Tome 1 – « Aucune perte » – Bruno MadauleBamboo Edition

dimanche 22 mai 2011

Pollution industrielle en Italie dans la BD "Etat de veille"

ETAT de VEILLE (Morti di sonno)– Davide REVIATI – Casterman – 28 € - Prix du meilleur album au festival de Naples en 2010.
Etat de veille ne décrit pas les conditions de travail, mais l’industrie est bien présente puisque cette BD relate les errements d’une bande d’adolescents italiens, dans années 70, reclus dans un espace délimité par l’usine toute proche et les canaux d’écoulement de cette fabrique de produits plastiques.
Seules quelques vignettes laissent imaginer le travail des pères de ces jeunes gens, et l’atmosphère hautement toxique dans laquelle ils opèrent, à l’ANIC (Agenzia Nazionale Idrogenazione Combustibili), qui immanquablement rappelle l’usine tristement célèbre de la catastrophe survenue à Seveso. Il est aisé d’imaginer que le consortium qui a implanté ce complexe industriel a également édifié le village, spécialement pour ses salariés, puisque moderne et situé au milieu de nulle part, nul monument ancestral n’y est visible, église, château, hôtel de ville …
Les habitants vivent au rythme des alertes à la pollution, les mères, inquiètes que leurs enfants puissent être intoxiqués, connaissent aussi l’angoisse de l’attente et craignent l’accident de travail qui leur enlèverait leur époux.
Occupant le plus clair de leur temps à jouer au « calcio » (football), les garçons n’ont que peu conscience du risque, et s’ils connaissent par cœur les symboles de prévention et les pictogrammes imprimés sur les bidons de produits chimiques voisins, ils s’amusent des noms de ces composés hautement toxiques (page 131) qu’il identifient à l’odeur : la « punaise écrasée » pour l’ammoniaque, la « pisse de chat » pour l’acétylène, « gomme et sucre brûlés » pour le phénol, mais aussi le PVC, le PCM, le chlorure de vinyle, l’acrylonitrile,, le Perkadox, le tétrachloréthane, le toluène diisoxyanate, le peroxyde d’hydrogène. Des parfums si familiers à leurs narines que les exhalaisons d’une dépouille de chat en décomposition leur parait autrement plus insupportable.
La plupart de ces « ragazzi » finiront par partir pour d’autres horizons, bien que la firme pourvoie certainement à leur avenir. D’autres, au contraire, resteront dans cette ambiance étrangement marquée par une quasi-absence des jeunes filles.
Pour une analyse plus détaillée de cet ouvrage, nous vous recommandons l’excellent article de Yvan sur http://www.coinbd.com/